Une famille confrontée à l’impensable, la mort d’un enfant. C’est la tragédie qui frappe Mariaje, la mère, José Miguel, le père, et Nicasio, le grand-père maternel, lorsque le petit Nuco, 6 ans, enfant unique, perd la vie lors de l’effondrement de son école primaire, à la suite d’une explosion liée au gaz, tout comme quarante-neuf autres élèves et trois adultes. Revenant sur cet accident bouleversant, qui s’est produit dans la petite ville d’Ortuella, au Pays basque espagnol, le 23 octobre 1980, le romancier Fernando Aramburu en fait le théâtre d’un récit ancré dans l’intimité d’un clan imaginaire. S’il décrit, avec une remarquable finesse, la façon dont la catastrophe va redéfinir les liens entre les parents, de leur rapprochement dans la douleur à l’inévitable éloignement, c’est surtout à la fascinante question du déni qu’il s’intéresse par le biais du grand-père.

Nicasio, qui était très proche de Nuco, refuse d’accepter sa disparition et agit comme si rien n’était arrivé. Ce retraité, veuf, se présente tous les matins au domicile de ses parents pour le conduire à l’école. Il va jusqu’à recréer, dans son appartement, la chambre du petit, avec les jouets et les meubles dont ses parents ont choisi de se défaire. Comment réagir aux hallucinations d’un vieil homme quand on est soi-même écrasé par le chagrin ? interroge l’auteur. Quelle place accorder à la souffrance des autres quand on peine à se tenir debout ? Comme il l’avait fait dans Patria (Actes Sud, 2018), son roman best-seller – plus d’un million d’exemplaires vendus à travers le monde – sur la lutte indépendantiste basque dans les années 1980, Fernando Aramburu brosse avec talent les conflits entre protagonistes comme les dilemmes moraux qui se posent à eux quand ils sont percutés par des événements dramatiques.

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