Ce sont des chiffres qui illustrent à eux seuls l’ampleur de la crise de l’emploi dans les pays en développement, en particulier chez les jeunes. En 2025, les chemins de fer indiens ont reçu 18,7 millions de candidatures pour 60 000 places disponibles. Au Nigeria, 1,8 million de personnes se sont disputé les 50 000 places proposées dans la fonction publique. Ces postes de fonctionnaires sont si convoités qu’ils s’obtiennent parfois contre des pots-de-vin en Afrique ou dans le sous-continent indien. Sur les nombreux forums en ligne, les internautes s’échangent des conseils sur le montant à débourser pour pouvoir décrocher un poste dans la police ou dans une administration.
Ce n’est que le début de la crise, a averti la Banque mondiale dans un rapport publié le 13 janvier. Selon ses calculs, 1,2 milliard de jeunes, entre 15 et 24 ans, vont entrer sur le marché du travail d’ici à 2035 dans les pays en développement. Au Ghana, le ministre du développement, George Opare-Addo, qualifie le chômage des jeunes de « bombe à retardement » tandis qu’au Bangladesh, le sujet monopolise les débats de la campagne électorale, à quelques semaines du scrutin organisé le 12 février.