L’agence fédérale américaine chargée du respect des lois contre la discrimination au travail (EEOC) a demandé, mercredi 4 février, à un tribunal du Missouri de faire exécuter une citation à comparaître contre Nike, arguant que l’équipementier sportif « a échoué à fournir toutes les informations demandées » dans un document alors qu’elle l’accuse de pratiques discriminatoires envers les personnes blanches.

La directrice de l’agence, Andrea Lucas, qui s’oppose aux programmes en faveur de la diversité, de l’équité et de l’inclusion (DEI) avait été promue par le président américain, Donald Trump, à la tête de l’agence en novembre 2025, après avoir été nommée comme membre en 2020.

Elle avait déclaré en 2024 que Nike aurait enfreint la loi « en se livrant à un comportement ou une pratique de traitement discriminatoire contre » des personnes blanches, à savoir « des employés, candidats et participants de programmes de formation », et en fixant un objectif de 30 % d’employés issus de minorités ethniques pour des postes à responsabilités.

Cette action de l’EEOC constitue une « escalade surprenante et inhabituelle », a réagi Nike qui affirme faire preuve de « bonne foi » dans le cadre de l’enquête des autorités. « Nous avons partagé des milliers de pages de renseignements et de réponses écrites précises à l’enquête de l’EEOC, et sommes en train de fournir des renseignements complémentaires », a affirmé l’équipementier dans un e-mail à l’Agence France-Presse (AFP).

« Nous sommes attachés à des pratiques d’emploi équitables et légales et à suivre toutes les lois en vigueur, notamment celles qui interdisent les discriminations », a assuré le géant de Beaverton (Oregon).

Nike s’est parfois illustré par des prises de position politiques, à l’image d’une campagne publicitaire centrée sur la figure de l’ancien joueur de football américain Colin Kaepernick qui, en 2016, avait mis un genou à terre durant l’hymne américain en signe de protestation contre les violences policières à l’égard des minorités. Celle-ci avait suscité la condamnation des conservateurs américains comme Donald Trump.

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