A l’heure où le droit international et le multilatéralisme sont sévèrement malmenés, les Etats membres de l’ONU se sont réunis à New York, du 19 au 30 janvier, pour travailler sur une future convention pour la prévention et la répression des crimes contre l’humanité. Tandis que « le monde est ravagé par la guerre et le désespoir », la professeure de droit pénal international à l’université de Washington Leila Sadat, l’une des architectes de ce projet de convention, voit dans cette conférence « un engagement du monde entier envers les valeurs de paix et de justice pour lesquelles l’ONU a été créée afin de les promouvoir ».
La réunion de New York marque la première étape diplomatique d’un nouveau chapitre dans la construction du droit international, qui devrait durer trois à quatre ans. La question était débattue au sein de l’ONU sans avancées concrètes jusqu’à décembre 2024, quand, à l’instigation du Mexique et de la Gambie, une résolution a été adoptée par l’Assemblée générale, lançant la procédure diplomatique par laquelle la convention devrait voir le jour. Le « génocide » et la « torture » ont déjà leur propre convention. Les crimes de guerre sont codifiés par les conventions de La Haye et de Genève. Mais il n’existe pas de texte international régissant les crimes contre l’humanité, arrêtant une définition légale à l’échelle globale et énonçant les mécanismes de prévention et de punition de ces crimes.