Elle est considérée comme la piste la plus technique et la plus spectaculaire du circuit, celle qui ne pardonne aucune erreur ni aucune faille physique. Une piste « impitoyable », disent d’elle les Italiens, qui promettent « près de deux minutes d’adrénaline pure » à ceux qui oseront la défier pendant les Jeux olympiques (JO) de Milan-Cortina d’Ampezzo (du 6 au 22 février).
Bienvenue sur le Stelvio, à Bormio, théâtre des épreuves masculines de ski alpin. Premier acte dès samedi 7 février avec la discipline reine, la descente, le « 100 mètres des JO d’hiver ». Et la piste lombarde, plus encore que les skieurs au départ, est la véritable star de la quinzaine.
Ce n’est pas la plus longue du circuit, ni la plus prestigieuse. Les illustres Lauberhorn, à Wengen (Suisse), et Streif, à Kitzbühel (Autriche), en ont respectivement les titres. Cependant, avec un dénivelé d’environ 1 000 mètres et une pente maximale de plus de 60 %, le Stelvio – 3 230 mètres de long tout de même – passe pour être extrême du sommet jusqu’à la ligne d’arrivée. A tel point qu’elle hante les têtes brûlées du cirque blanc.
L’Américain Bryce Bennett reconnaît qu’elle l’a « traumatisé ». Le Français Johan Clarey avoue, quant à lui, l’avoir longtemps détestée – « C’était un calvaire d’aller là-bas » –, avant d’apprendre progressivement à l’aimer. « La [piste du] Stelvio ? C’est un combat permanent pour la survie », estime l’actuel meilleur skieur du monde, le Suisse Marco Odermatt, pourtant expert en disciplines de vitesse. « Cette piste fait peur », note Luc Alphand, vainqueur à deux reprises à Bormio, en 1995 et 1996.