Pourquoi les grandes puissances s’arrachent-elles l’Arctique ?

Ces dernières semaines, le souhait de Donald Trump, le président des Etats-Unis, de prendre le contrôle du Groenland a ravivé les tensions diplomatiques autour du pôle Nord. Cette séquence intervient alors que l’Arctique se transforme rapidement : le réchauffement climatique y progresse jusqu’à quatre fois plus vite que dans le reste du globe, rendant certaines zones plus accessibles et renforçant l’intérêt stratégique pour cet espace, au croisement d’enjeux économiques, militaires et diplomatiques.

Le recul de la banquise sous l’effet du réchauffement climatique rend certaines routes maritimes arctiques plus facilement accessibles pendant une partie de l’année. La plus importante est la route maritime du Nord, qui relie l’océan Pacifique à l’océan Atlantique en longeant les côtes russes.

Cet itinéraire suscite de l’intérêt car il permet, sur le papier, de réduire de 30 % à 40 % la distance à parcourir pour relier l’Asie à l’Europe. Cela correspond à un trajet d’environ dix jours entre le Japon et l’Europe, contre de vingt-deux à vingt-neuf jours via les routes classiques passant par le canal de Suez, selon l’Institut Arctique.

Outre la rapidité, ces nouvelles routes offrent une solution de remplacement aux grands axes du commerce international, parfois fragilisés par des crises ou des tensions géopolitiques. Les Etats riverains pourront ainsi encadrer l’accès à ces passages et en fixer les règles d’utilisation. Signe de cet intérêt croissant : en 2025, la Chine a effectué un nombre record de 14 traversées de porte-conteneurs expérimentales entre l’Asie et l’Europe, soit deux fois plus qu’en 2023.

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