Cela faisait huit ans que la grande écrivaine indienne Arundhati Roy n’avait plus touché à autre chose qu’aux essais – l’un de ses derniers ouvrages, le volumineux Mon cœur séditieux (Gallimard, 2019), offrait d’ailleurs un panorama impressionnant de ses luttes inlassables contre l’ultralibéralisme et l’ethnonationalisme hindou. Cela faisait aussi huit ans que ses admirateurs se morfondaient, attendant un texte plus personnel de l’autrice du Dieu des Petits Riens (Gallimard, 1998). Le voici, justement. Mon refuge et mon orage est aussi une histoire de combat, mais de combat intime. L’autrice y dresse le portrait de sa mère, Mary Roy, figure aussi lumineuse que redoutable, qu’elle a dû fuir tôt pour se construire, mais qui lui a transmis le goût de l’écriture, de la probité intellectuelle et de la liberté. De passage à Paris, Arundhati Roy évoque cet ouvrage où l’on retrouve la puissance de sa plume, mais où on lit aussi toute la difficulté d’être une écrivaine militante dans l’Inde d’aujourd’hui. « Tant de mes amis sont en prison », dit-elle en soupirant. Sa voix n’a jamais été aussi calme et posée, mais l’anxiété est palpable chez celle qui se sait « affublée d’une cible dans le dos ».

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