Procès des assistants parlementaires du FN : l’abandon de la rhétorique antijuges, un signe des temps

C’était il y a un an à peine, l’indignation surjouée du Rassemblement national (RN) criant au « scandale démocratique » après la condamnation, le 31 mars 2025, de Marine Le Pen en première instance dans l’affaire des assistants du Front national (l’ancien nom du RN) au Parlement européen faisait presque oublier le fond du dossier. Cette dernière criait à la « tyrannie des juges », une partie du personnel politique lui emboîtait le pas, du centriste François Bayrou, « troublé » par cette condamnation, au fondateur de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, pour qui « la décision de destituer un élu devrait revenir au peuple ».

Onze mois plus tard, voilà que la cour d’appel a réclamé des peines du même ordre contre Marine Le Pen quatre ans de prison dont un ferme, mais aménageable (contre deux ans ferme en première instance), 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité. Mais, désormais, le RN se tait. Autour de lui, plus personne ne déplore que la justice empiète sur la démocratie.

C’est d’abord le fruit d’une stratégie judiciaire. En appel, Marine Le Pen, jurant de sa « bonne foi » a continué de nier tout système pour dévier les dotations du Parlement européen, tout en assurant du bout des lèvres qu’elle « [voulait] bien entendre » qu’un délit avait pu être commis. Au moins jusqu’à la décision de la cour d’appel, elle a abandonné le discours antijuges, peut-être pour espérer encore leur clémence.

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