L’historienne Claudia Feld se souvient précisément du jour où elle est entrée dans l’immeuble de l’ESMA (Escuela de mecanica de la armada, « école de mécanique de la marine »), dont la dictature militaire argentine (1976-1983) avait fait son plus important lieu de torture et de détention. « C’était en 2007, lors de sa première ouverture partielle au public, confie-t-elle au “Monde des livres”. J’avais beau avoir lu beaucoup de témoignages, cela m’a choquée de voir les traces de la violence. Les escaliers étaient marqués, avec des éraflures, par les chaînes des prisonniers qui descendaient vers le sous-sol pour y être tués. »

Au cœur de la capitale, Buenos Aires, un discret bâtiment au sein d’un vaste campus arboré abrita en effet les pires pratiques répressives à l’encontre des personnes ciblées par la junte au pouvoir, principalement dans les mouvances de gauche et le monde étudiant. C’est l’histoire complète de ce lieu que l’on peut aujourd’hui découvrir, en traduction française, dans Crimes contre l’humanité à l’ESMA, que Claudia Feld a dirigé avec sa collègue Marina Franco.

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