Un soir de février 2019, Yann, alors âgé de 18 ans, erre dans les rues du centre-ville de Bordeaux. Il scrute son téléphone nerveusement, volume des notifications poussé au maximum. Soudain, des émojis « pouce » déferlent sur son écran, signe qu’il faut intervenir. Il se précipite dans un bar et hèle son amie, qu’il repère, feignant l’étonnement : « Mais Lucie, je te cherchais partout ! On doit aller à l’anniversaire surprise de Valentine. » Une phrase improvisée, dont ils rient encore aujourd’hui.

Quelques jours plus tôt, Yann et Lucie, son amie de classe prépa, passent la soirée ensemble. Elle lui fait part de son envie de faire des rencontres. Affalés sur le canapé d’un ami commun, assiette de pâtes au pesto en équilibre sur les genoux, ils se mettent à l’œuvre. Yann lui crée son tout premier profil Tinder, triant avec elle, des heures durant, les photos à mettre en avant. Très vite, le premier rencard est fixé. Lucie hésite. « Elle était stressée. Je lui ai donc dit que je traînerais près du bar, au cas où le date tournerait au vinaigre, se souvient-il. Mais on n’avait pas peaufiné la stratégie jusqu’au bout. Du coup, c’était un peu cramé », raconte-t-il en riant. Si l’opération exfiltration est bancale, l’anecdote est, elle, « légendaire » et révélatrice : les amis sont à la fois filet de sécurité, Cupidon et architectes des rencontres amoureuses. Des couteaux suisses de l’accompagnement émotionnel, en somme.

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