A Kiev, un quatrième hiver de guerre qui n’épargne personne

Le petit chauffage d’appoint tourne si fort que l’atmosphère dans la pièce en est presque suffocante. Installé au sous-sol d’un magasin d’alimentation, le salon de manucure d’Olha Khomyn se résume à une petite table sur laquelle la professionnelle s’occupe des ongles d’une cliente. Tania Baskovitch, 26 ans, cuisinière dans un restaurant du quartier, n’aurait manqué son rendez-vous mensuel pour rien au monde. « Qu’il y ait des bombardements ou non, les filles viendront toujours faire leurs ongles, c’est comme ça, glisse dans un rire Olha Khomyn, jeudi 12 février, tout en appliquant la touche finale sur les ongles, de petits points et de cœurs rouges. Que tu aies faim ou froid, il est important de toujours rester belle. »

Les deux femmes savent de quoi elles parlent. Comme des millions d’habitants à travers l’Ukraine, toutes deux ont appris à vivre sans chauffage ni électricité en raison des bombardements russes systématiques sur les infrastructures énergétiques du pays. Les précédents hivers avaient déjà été marqués par des coupures. Mais les températures négatives des dernières semaines, descendant jusqu’à ? 25 °C, ont rendu les conditions de vie particulièrement difficiles.

Ainsi, l’appartement de Tania Baskovitch, situé dans le quartier de Darnytsia, sur la rive gauche du fleuve Dniepr, reste la majeure partie du temps dépourvu d’électricité, de chauffage et d’eau chaude. Avec 7 °C de température à l’intérieur, la jeune femme n’a d’autre choix que d’habiter entre quatre à cinq jours par semaine chez des amis mieux lotis pour se réchauffer et prendre des douches. Les opérateurs énergétiques travaillent d’arrache-pied pour rétablir le courant après chaque frappe russe, mais la situation reste globalement très précaire dans le pays, qui souffre d’un déficit énergétique.

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