« Trois ans d’études chèrement payées et je n’ai toujours rien de mieux que le bac » : quand l’enseignement supérieur privé laisse ses étudiants sur le carreau

L’année 2025 commençait bien pour Rita Sawaya, 27 ans. Etudiante libanaise présente depuis trois ans en France, elle terminait un mastère d’illustration à l’Ecole de Condé (membre du groupe AD Education), à Toulouse. Elle venait de valider l’obtention de son diplôme après un stage terminé dans les premiers jours de janvier. L’heure était venue pour elle de se lancer sur le marché du travail. Il était également temps de renouveler son titre de séjour – les étudiants non européens disposant d’un visa étudiant ont l’obligation de faire la preuve de leur progression académique auprès de la préfecture.

L’étudiante répond alors en ligne aux questions de l’administration, glisse en pièce jointe son dernier diplôme. Quelques jours plus tard, arrive à son domicile un courrier recommandé, daté du 12 janvier, avec accusé de réception. L’en-tête est de la préfecture du Rhône, il est signé par la directrice adjointe des migrations et de l’intégration du département. A la lecture du document, l’avenir qu’envisageait Rita Sawaya s’écroule.

En quatre paragraphes, la sentence de l’administration est claire : « Il ne s’agit pas d’un diplôme de master délivré par le ministère de l’enseignement supérieur. (…) Pas davantage d’un diplôme d’établissement d’enseignement supérieur technique privé et consulaire visé par le ministère. (…) Pas non plus d’un diplôme délivré par les universités. (…) Ce diplôme n’est pas non plus un titre inscrit au répertoire national des certifications professionnelles [RNCP]. » En bref, son diplôme ne vaut rien selon les critères de l’Etat. Elle n’a donc pas répondu à ses obligations de progression académique. L’étudiante doit quitter le territoire français sous trente jours.

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