A chaque vague de froid, le fil WhatsApp de mon immeuble flambe. Nous sommes équipés d’un chauffage au gaz collectif. Malgré mille tentatives de réglage, la température n’est pas uniforme selon l’étage, la disposition, l’orientation et l’isolation des appartements. Si bien que la guerre du thermostat passe par des négociations à plusieurs dizaines de participants, avec consultations journalières du thermomètre dans différentes pièces, évocation des factures induites par des radiateurs d’appoint, projets de courriers au syndic, menaces récurrentes de ne plus payer ses charges…
Mais l’argument massue pour signaler à la communauté que l’on a trop froid chez soi, c’est la température « dans la chambre des enfants », certaines familles annonçant régulièrement un petit 16 °C, qui fait grelotter mentalement tous les autres parents de l’immeuble. Je ne leur jette pas la pierre à feu. Même si le gaz est une ressource fossile émettrice de CO? qu’on paye cher et dont on devrait se débarrasser au plus vite, pour notre souveraineté énergétique comme pour nos objectifs climatiques, je la boucle prudemment sur le fil WhatsApp et choisis de ne pas regarder notre propre thermomètre. Suis-je une mère cruelle ?