Deux mots suffisent à Léna (tous les prénoms ont été modifiés par souci d’anonymat), 25 ans, lorsqu’elle évoque ses pauses déjeuner avec ses anciens collègues : « Plus jamais. » En alternance pendant un an, en 2025, dans une petite société de distribution de matériel audiovisuel, elle découvre pour la première fois l’esprit d’entreprise : open space, hiérarchie clairement définie, esprit corporate et… pauses déjeuner partagées.

Les trois premiers jours, Léna, à l’époque étudiante en licence à l’Institut international de l’image et du son, mange avec son équipe, suivant docilement le rituel en vigueur pour s’intégrer. Le quatrième jour, elle décide de s’octroyer un « moment à elle » dans le parc calme et verdoyant qui jouxte l’entreprise parisienne. Une « vraie pause », décrit-elle, loin des regards, « où je peux fumer ma cigarette tranquillement et appeler mes amies ». Elle savoure ses deux plaisirs, puis retourne au travail « à 14 heures pétantes ».

A peine a-t-elle repris son poste au service après-vente que sa responsable lui lance, sur le ton « de la semi-blague » : « Bah alors, tu veux pas nous voir ? » Mal à l’aise, la vingtenaire comprend rapidement que ses échappées solitaires ne collent pas tout à fait à l’esprit de la maison. Elle se force donc à reprendre les pauses en groupe au cours des semaines suivantes. Cependant, il n’est pas facile de s’adapter, surtout quand la gêne et la timidité s’emparent d’elle. « Ma seule heure de pause de la journée, je la passais à ne rien dire et à les regarder discuter entre eux », se souvient la jeune femme.

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