Tout a commencé le 15 novembre 2024, un vendredi. Ce jour-là, en fin d’après-midi, un homme visiblement épuisé, les joues creuses et les mains tremblantes, pousse la porte du commissariat de Bron, dans la banlieue lyonnaise. S’exprimant en espagnol, il dit s’appeler John Edward C., 32 ans, ressortissant colombien, et fait comprendre aux agents de l’accueil qu’il a d’importantes révélations à faire sur un projet d’assassinat dans la région.
En soumettant son nom aux fichiers, les policiers constatent qu’il apparaît dans deux mains courantes, déposées quelques jours plus tôt dans un commissariat de Lyon concernant le vol de sa valise et de son passeport. Ils apprennent aussi qu’il est sous le coup d’une obligation de quitter le territoire, et loge depuis environ un mois dans un foyer d’accueil de Bron.
Un projet d’assassinat ? Les policiers se demandent s’ils ont affaire à un mythomane en mal de sensations, mais son insistance les intrigue assez pour qu’ils préviennent leurs collègues de la police judiciaire (PJ), basés dans l’hôtel de police central, rue Marius-Berliet, à Lyon. A 18 h 15, deux enquêteurs expérimentés de la division de la criminalité organisée et spécialisée, dont un parle couramment espagnol, se déplacent au commissariat de Bron, où ils entament une longue discussion avec John Edward C. Très vite, ils sentent que cet ancien militaire dit vrai quand il affirme avoir été recruté à Bogota pour un contrat très particulier : l’élimination d’un trafiquant français à… Lyon.