Le Pakistan a bombardé, vendredi 27 février, Kaboul, la capitale afghane, et a déclaré une « guerre ouverte » aux autorités talibanes, qui avaient mené, la veille, une offensive à la frontière. Le ministre de l’intérieur pakistanais, Mohsin Naqvi, a parlé d’une « réponse appropriée » à cette offensive. « Notre patience a atteint ses limites. C’est désormais la guerre ouverte entre nous et vous », a renchéri son homologue de la défense, Khawaja Asif.

« Nos troupes ont toute la capacité nécessaire pour écraser toute ambition agressive », a pour sa part averti le premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif.

Le gouvernement afghan a assuré vendredi vouloir « le dialogue ». « Nous avons insisté à maintes reprises sur la nécessité d’une solution pacifique et nous souhaitons toujours que le problème soit résolu par le dialogue », a déclaré Zabihullah Mujahid, porte-parole du gouvernement taliban. Ce dernier a ajouté que des avions de surveillance pakistanais survolaient « actuellement » l’Afghanistan.

Tôt vendredi matin, des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP) à Kaboul ont entendu de violentes explosions. A Kandahar, ville du Sud où réside le chef des talibans, Hibatullah Akhundzada, un journaliste de l’AFP a également dit avoir entendu des avions. Des tirs d’artillerie et d’armes légères ont par ailleurs retenti vers 9 h 30 (6 heures à Paris) près du poste-frontière stratégique de Torkham. Néanmoins, les rues de Kaboul étaient redevenues calmes après le lever du jour, selon les journalistes de l’AFP sur place.

Jeudi, l’armée afghane avait annoncé des « attaques massives » à la frontière, en riposte à des bombardements pakistanais, le week-end précédent. Islamabad avait affirmé avoir visé des camps « terroristes » et fait plus de 80 morts. Le gouvernement taliban avait de son côté déclaré que ces bombardements n’avaient pas fait de victimes.

Jeudi, le ministère de la défense afghan a fait état de huit tués dans les rangs de l’armée. Un porte-parole du premier ministre pakistanais a, lui, parlé de « lourdes pertes » infligées aux Afghans. Le ministère de l’information pakistanais a accusé l’Afghanistan d’avoir « ouvert le feu unilatéralement sur plusieurs positions », le long de la frontière avec la province pakistanaise de Khyber Pakhtunkhwa.

Face à cette escalade, le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, a offert l’aide de Téhéran pour « faciliter le dialogue et renforcer la compréhension et la coopération entre les deux pays ». De son côté, la Chine s’est dite « profondément inquiète » devant les hostilités entre ses voisins et a appelé à un cessez-le-feu le plus « vite possible ».

Les chefs de la diplomatie saoudienne et de la diplomatie pakistanaise se sont par ailleurs entretenus, par téléphone, des moyens « de réduire les tensions » dans la région, selon un communiqué publié vendredi par Ryad.

Le Pakistan et l’Afghanistan s’affrontent sporadiquement depuis que les talibans ont pris le contrôle de Kaboul, en août 2021. Islamabad les accuse d’abriter des mouvements actifs sur le territoire pakistanais, ce qu’ils nient. Depuis octobre, les points de passage terrestres entre les deux pays ne sont ouverts qu’aux Afghans désireux de rentrer dans leur pays.

Une brève trêve entérinée le 19 octobre, après une médiation du Qatar et de la Turquie, avait été jugée caduque, neuf jours plus tard, par le Pakistan qui avait accusé l’Afghanistan d’orchestrer des attentats menés par les talibans pakistanais (TTP). Plusieurs cycles de négociations ont eu lieu, mais ils n’ont pas permis de désamorcer le conflit.

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