Le cinéaste Stanley Kubrick a eu le génie d’anticiper le défi de l’intelligence artificielle (IA). Avec 2001 : l’odyssée de l’espace (1968), où l’ordinateur HAL (référence à IBM) veut prendre le pouvoir sur l’homme. Mais aussi avec Docteur Folamour (1964), où une riposte atomique automatique est secrètement mise en place, empêchant l’être humain – les dirigeants américains et soviétiques en l’occurrence – d’éviter l’annihilation de la planète à la suite d’un ordre de bombardement de l’URSS envoyé par un complotiste.

On y est, comme en témoigne la crainte de Dario Amodei, patron d’Anthropic, qui ne veut pas que les armes, aidées de son modèle d’IA Claude, puissent tuer sans intervention humaine. « Sans un contrôle adéquat, on ne peut compter sur des armes entièrement autonomes pour faire preuve du même discernement que nos troupes professionnelles et hautement qualifiées. Leur déploiement doit être encadré par des garde-fous appropriés, qui n’existent pas actuellement », a-t-il écrit jeudi 26 février.

Furieux de cette restriction donnée à l’usage des programmes d’IA d’Anthropic, Donald Trump a décidé, vendredi après midi, d’exclure la start-up d’intelligence artificielle du ministère de la défense. « Les Etats-Unis d’Amérique ne permettront jamais à une entreprise d’extrême gauche, adepte du “wokisme”, de dicter la manière dont nos forces armées mènent et gagnent les guerres ! Cette décision revient à votre commandant en chef et aux excellents dirigeants que je nomme à la tête de nos forces armées », a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

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