Le vignoble du Médoc, dans le Bordelais, où le rouge représente 98 % des jus, avec des appellations prestigieuses (pauillac, saint-julien, margaux, saint-estèphe…) et une flopée de domaines à la réputation mondiale, va bientôt proposer aux consommateurs des bouteilles sous une nouvelle appellation. Jusqu’ici, les étiquettes ne pouvaient mentionner que le mot « bordeaux » – ce qui est banal. Demain ce sera donc « médoc blanc », plus distinctif. Ça ne semble pas grand-chose, mais c’est une petite révolution.

Afin de consacrer une pratique historique et de valoriser sa production en blanc, l’organisme de défense et de gestion (ODG) du Médoc a entrepris en 2018 une démarche en reconnaissance officielle d’une appellation, qui a abouti le 5 août 2025. Une nouvelle étiquette sera donc collée sur les cuvées 2025 dans les prochaines semaines.

Sur le territoire du Médoc, où les premières vignes ont été plantées au XVIIIe siècle, le vin blanc n’a pas toujours été marginal. En 1929, il y en avait même, estime-t-on, dix fois plus qu’aujourd’hui. Ils étaient alors commercialisés sous les appellations nommées d’après leurs prestigieux villages de production : « saint-julien blanc », « pauillac blanc », « margaux blanc »… Mais, dans les années 1960, l’Institut national de l’origine et de la qualité a mis un terme à ces appellations pour ne retenir que l’étiquette générique « bordeaux blanc ». Il est vrai qu’à cette époque les domaines en crus classés du Médoc se concentraient uniquement sur leurs rouges. Rares étaient ceux qui plantaient du blanc. C’est ainsi que les 250 hectares (ha) actuels de vins blancs semblent anecdotiques dans un vignoble riche de 10 600 ha.

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