Il était une fois en Italie le fils d’un riche marchand, marchand lui-même… Ainsi pourrait débuter le conte merveilleux que saint Bonaventure [(1221-1274)] – qui ne l’a pas connu – nous a laissé de la vie de saint François, et que Giotto [(1266-1337)] a immortalisé dans les 28 fresques de la basilique Saint-François, à Assise. Qu’importent les excès lénifiants de cette hagiographie : François, par les vertus évangéliques qu’il incarne, la transcende.
En vérité, malgré des images sulpiciennes, il n’y avait rien de niais ni de tiède, mais rien non plus d’illuminé, chez ce jeune homme bien de son temps, issu d’une génération en révolte contre l’autorité paternelle, conspuant les richesses nouvelles que procurait l’usure, et pétrie d’esprit chevaleresque et de culture française.
Né vers 1181, Giovanni Bernardone, alias François, rêve d’associer noblesse, gloire et grandeur. Pour conquérir les trois, celui que son père avait surnommé, au retour des foires de Champagne, Francesco, « le petit Français », décide d’aller se battre. Fait prisonnier, il tombe malade. Empêché dans son épopée, il médite sur la meilleure voie pour embrasser son destin. A 25 ans, une rencontre avec des lépreux le bouleverse et lui révèle sa mission : porter à tous l’esprit chevaleresque qu’il rêve d’imposer à sa vie propre. Son exploit ne sera pas la prise de Pérouse, mais – plus délicat – d’aller au-devant des miséreux et des malades, à l’imitation de Jésus.