« Je vis à Paris depuis sept ans, mais c’est difficile d’être acceptée pour de bon lorsqu’on n’est pas française. » Non, cette citation n’est pas extraite du script d’Emily in Paris. Sam Quealy est une autre Anglo-Saxonne convertie au vin et au fromage. Certes, elle s’est installée dans la Ville Lumière sans parler un mot de la langue locale et bataille toujours pour se faire comprendre de ses compatriotes d’adoption. Mais l’arrivée de l’Australienne dans la capitale fut moins tendre que pour l’Américaine de la série Netflix. Déboires administratifs pour obtenir le bon visa, vol à l’étalage pour subsister… « Je portais mes perruques chez Franprix ; les gens me regardaient d’un air perplexe, et je ne comprenais pas pourquoi », raconte celle qui espère valider un niveau B1 en français pour enfin obtenir sa carte de résident. La discussion se poursuivra donc en anglais.
On retrouve Sam Quealy un dimanche après-midi, le 1er février. Peut-être pas le meilleur timing pour un oiseau de nuit. La musicienne récupère encore de l’avant-veille, où elle a célébré la sortie de son deuxième album, Jawbreaker. Elle arrive tout de même élégamment sapée, sa frange platine brossée, et nous tend le vinyle de son disque fraîchement gravé, au bar de l’Hôtel Grand Amour, où elle a ses habitudes. Niché dans un quartier de gares, le lieu drague un cénacle d’artistes clinquants.