La prise de parole s’annonce très solennelle, avec un pupitre positionné devant l’un des quatre sous-marins lanceurs d’engins français, au cœur de l’île Longue, leur port d’attache, situé dans la rade de Brest (Finistère), rarement ouvert au public. Emmanuel Macron doit, lundi 2 mars, prononcer un discours sur la dissuasion nucléaire française dans le cadre d’une intervention comme il n’y en a qu’une seule par mandat, où le poids des mots, dans ce domaine ultraclassifié, est déterminant.
Alors que la dernière allocution du président français sur le sujet, en 2020, avait suscité peu d’attention hors des cercles militaires, ce discours sera très scruté en Europe. D’une part, en raison de la pression de la Russie, qui agite régulièrement la menace d’une confrontation nucléaire depuis le début de son invasion à grande échelle de l’Ukraine, en 2022. D’autre part, à cause des doutes de plus en plus sérieux, depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump, en janvier 2025, sur la fiabilité de l’allié américain, donc de son parapluie nucléaire dans le cadre de l’OTAN.