C’est un rapport que l’on s’est passé sous le manteau pendant plus d’un an. Commandé en décembre 2022 par l’ex-ministre de l’enseignement supérieur Sylvie Retailleau, il avait été remis en janvier 2025 à l’un de ses successeurs, l’actuel ministre, Philippe Baptiste. Celui-ci ne l’avait pas rendu public, jusqu’au 16 février 2026 : discrètement, le rapport a été mis en ligne, sans aucune communication officielle.
Dans ce document intitulé « Modèle économique des établissements publics de l’enseignement supérieur », l’inspection générale des finances et l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche fustigent l’importante part de la dotation publique dans le budget des établissements (76 %), ce qui ne les inciterait pas à la « performance ». Il manque aux universités des « ressources propres », et, pour y remédier, les inspections générales prônent une augmentation des droits d’inscription des étudiants. Les montants actuels de 178 euros pour une année en licence et 254 euros en master n’ont rapporté que 500 millions d’euros en 2023 (2,7 % des recettes) et sont sans commune mesure avec le coût des formations.