Un missile balistique tiré depuis l’Iran et qui se dirigeait vers l’espace aérien turc, après avoir survolé les espaces aériens irakien et syrien, a été détruit par les systèmes de défense de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) positionnés en Méditerranée orientale, a affirmé, mercredi 4 mars, le ministère de la défense turc.
« L’incident n’a fait ni morts ni blessés », a affirmé le ministère turc dans un communiqué publié sur le réseau social X. « Toutes les mesures nécessaires à la défense de notre territoire et de notre espace aérien seront prises avec fermeté et sans hésitation. Nous vous rappelons que nous nous réservons le droit de répondre à toute action hostile contre notre pays », a ajouté le ministère.
« Comme lors de l’incident de ce matin, nous prenons toutes les précautions nécessaires en étroite concertation avec nos alliés de l’OTAN. (…) Nous effectuons nos avertissements avec la plus grande clarté afin d’éviter que de tels incidents ne se reproduisent », a réagi le président turc, Recep Tayyip Erdogan. « Si nous voulons, en tant que nation, vivre en paix et en toute tranquillité sur ces terres, notre patrie éternelle, nous devons sans cesse renforcer notre capacité de dissuasion », a-t-il ajouté.
La Turquie a convoqué mercredi soir l’ambassadeur d’Iran pour exprimer sa « préoccupation » après cet incident, a rapporté une source diplomatique turque.
Un débris appartenant à une munition de défense aérienne est tombé dans le district de Dörtyol, dans la province de Hatay, dans le sud-est du pays, a précisé le ministère.
« Toute action hostile recevra la réponse appropriée dans le cadre du droit international. La consultation et la coopération avec l’OTAN et nos alliés se poursuivront tout au long de ce processus », a, de son côté, déclaré sur le réseau social X le directeur des communications de la présidence turque, Burhanettin Duran.
Le ministre des affaires étrangères turc, Hakan Fidan, a déclaré à son homologue iranien lors d’un appel téléphonique que « toute mesure susceptible d’entraîner une escalade du conflit devait être évitée », selon la diplomatie turque.
La Turquie « n’était pas la cible du missile » qui se dirigeait vers l’espace aérien turc, a, pour sa part, assuré un responsable turc à l’Agence France-Presse. « Nous pensons qu’il visait une base militaire » à Chypre, « mais qu’il a dévié de sa course », a-t-il ajouté, après avoir requis l’anonymat.
L’OTAN a, quant à lui, affirmé condamner l’incident. « L’OTAN se tient fermement aux côtés de tous les Alliés, y compris la Turquie, au moment où l’Iran poursuit ses attaques indiscriminées dans toute la région », a déclaré sa porte-parole, Allison Hart.
Recep Tayyip Erdogan a par ailleurs déclaré mardi que son pays déployait d’« intenses » efforts diplomatiques pour mettre fin à la guerre qui secoue le Moyen-Orient depuis le début de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran.
Les attaques de représailles menées sans discernement par l’Iran contre de nombreux pays du Moyen-Orient constituent une « extrêmement mauvaise stratégie », a estimé mardi le ministre des affaires étrangères turc, Hakan Fidan, dans une interview télévisée.