« Ils ont brûlé ma génération. » Dans sa chanson Aflam (« films », en arabe) sortie en 2021, le rappeur libyen KA7LA, alors âgé de 24 ans, dénonçait le sort réservé à la jeunesse par les différentes factions armées qui s’opposent pour le contrôle du pays depuis le renversement, en 2011, de la dictature de Mouammar Kadhafi. Un étau que les dernières années n’ont pas desserré.
Après avoir vécu plus d’une décennie de guerre civile, la jeunesse libyenne – plus de la moitié de la population du pays a aujourd’hui moins de 30 ans – est désormais confrontée de plein fouet à la grave crise socio-économique favorisée par les divisions politico-militaires entre le « gouvernement d’union nationale », reconnu par la communauté internationale et qui siège à Tripoli (Ouest), et son rival de Benghazi (Est), sous l’égide de l’Armée nationale libyenne du maréchal Khalifa Haftar.
En 2022, l’Organisation internationale du travail estimait ainsi le taux de chômage des Libyens âgés de 15 à 24 ans à 51,5 %, soit le troisième taux le plus élevé au monde pour cette tranche d’âge – un phénomène qui touche « particulièrement les jeunes femmes ». Quatre d’entre eux racontent leur parcours.