Il y a près de cinquante ans, le 14 mars 1976, le Maroc remportait sa première Coupe d’Afrique des nations (CAN). Sur les terres impériales d’Addis-Abeba face à la Guinée, Ahmed Makrouh dit « Baba » inscrit le but victorieux d’une frappe lumineuse des 25 mètres. Depuis, plus rien ou si peu : une troisième place en 1980, une finale en 2004 et des éliminations précoces, décevantes et guère glorieuses. Ce tournoi, le plus attendu du continent, continue d’échapper aux Lions de l’Atlas d’édition en édition.
Pour un pays qui brûle pour le football, l’attente est longue. Encore plus depuis que sa sélection nationale a atteint avec brio les demi-finales de la Coupe du monde, en 2022. Le Maroc veut corriger cette anomalie lors de « sa » CAN, qu’il accueille du 21 décembre au 18 janvier, et accrocher une deuxième étoile sur son maillot rouge. « C’est le rêve de tout le monde, insiste Walid Regragui, le sélectionneur, mais ça ne sert à rien de parler. Moi, ce qui m’intéresse, c’est gagner. Ce qui m’intéresse, c’est de rentrer dans l’histoire. »
Cette histoire commence peu avant l’instauration du protectorat franco-espagnol de 1912 : les Européens s’implantent dans ce coin du Maghreb et développent ce sport en pleine ascension. L’un des premiers clubs, l’Union sportive marocaine (USM), est créé à Casablanca en 1913 et voit passer plusieurs futurs grands noms : Mario Zatelli, qui a été à quatre reprises, entre 1964 et 1973, entraîneur de l’Olympique de Marseille (OM) ; Just Fontaine, international français et meilleur buteur de tous les temps en un Mondial avec 13 réalisations en 1958 ; et même, au début des années 1940, Marcel Cerdan avant qu’il ne devienne une légende de la boxe.