Personne ne doit échapper à Laure Lavalette dans les travées du palais des congrès de Toulon. Aux spectateurs assis en bout de rang, la députée du Rassemblement national (RN) du Var impose une embrassade. A ceux qui échappent à ses bras, elle envoie des cœurs avec les doigts. Mercredi 14 janvier, la quadragénaire s’en va conquérir Toulon comme on se lance dans une présidentielle. Un millier de personnes attendent sagement son discours, elle arrive comme si un stade l’ovationnait, entourée de militants locaux grimés en gardes du corps.
Laure Lavalette ne craint pas l’abus de communication : elle en a fait son seul argument de campagne. Trente ans après avoir ravi la mairie en promettant d’y instaurer la préférence nationale pour « rendre Toulon aux Toulonnais », le RN convoite la douzième ville de France en catimini. Laure Lavalette n’a pas seulement effacé le parti de ses affiches – comme d’autres dans de nombreuses grandes villes –, elle prend soin d’en dissimuler les idées. « Je suis une étiquette à moi toute seule », se targue la parlementaire élue en 2022.
Mieux vaut aussi ne pas réveiller, chez l’électeur, de mauvais souvenirs. « Que l’on devienne une vitrine pour le parti, peut-être, mais pas question de vendre l’idée d’un laboratoire local, prévient Frank Giletti, autre député RN varois. On l’a déjà entendu, ça, et on sait ce que ça a donné… » Lui plus que nul autre. Colistier de l’ancien maire Jean-Marie Le Chevallier en 1995, ce proche ami de Laure Lavalette avait participé au fiasco du premier passage de Toulon sous le pavillon du Front national (FN), entre 1995 et 2001.