[Le 6 février 2024, Judith Godrèche a porté plainte contre le réalisateur Benoît Jacquot pour viols avec violences sur mineure de moins de 15 ans. Avec le cinéaste de vingt-cinq ans son aîné, qu’elle a rencontré en 1986 sur le tournage du film Les Mendiants, la comédienne, alors âgée de 14 ans, a vécu une relation intime jusqu’en 1992. A l’époque, cette histoire était connue, affichée, assumée par les deux parties. Mais, avec le temps, notamment après l’éclosion du mouvement #MeToo, en 2017, et la parution du livre Le Consentement (Grasset), de Vanessa Springora, en 2020, Judith Godrèche a repensé son expérience d’adolescente puis de jeune adulte auprès de Benoît Jacquot.
Elle parle désormais de cette relation comme d’une entreprise de « prédation » exercée par le réalisateur. Dans son livre publié le 9 janvier au Seuil, Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux, l’actrice et réalisatrice, devenue une figure de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles en France, revient sur son passé auprès de Benoît Jacquot (« BJ » dans le texte, elle-même étant « Judo »), sa prise de conscience et les conséquences de sa prise de parole, début 2024.
Dans le cadre de l’information judiciaire ouverte par les plaintes de Judith Godrèche et d’autres femmes, Benoît Jacquot a été mis en examen, en juillet 2024, pour viol, agression sexuelle et violences volontaires par conjoint, ainsi que pour viol sur mineure. Présumé innocent, il conteste les accusations de Judith Godrèche et présente leur relation comme une histoire d’amour consentie, ayant commencé lorsque la comédienne avait 15 ans. Extraits.]