« La domination de la Chine dans l’IA open source est un défi pour les Etats-Unis »

Dans la bataille géopolitique en cours entre les Etats-Unis et la Chine, une dimension nouvelle est passée sous les radars : en moins d’un an, la Chine a pris une position centrale dans l’intelligence artificielle (IA) dite « open source », ou ouverte, c’est-à-dire accessible gratuitement et modifiable par les développeurs et les entreprises.

Alors qu’ils représentaient une quantité négligeable avant le lancement, le 27 janvier 2025, du modèle R1 de DeepSeek, les téléchargements de modèles d’IA ouverte chinois dépassent désormais ceux de leurs homologues américains, selon l’étude Economies of Open Intelligence, publiée fin novembre 2025. Les IA chinoises ont représenté près de la moitié de l’usage des IA ouvertes et 13 % de l’usage total des IA en 2025, avec une « forte croissance au second semestre », confirme le rapport State of AI, publié en décembre. En tête de cette vague de modèles venus de Chine se trouvent ceux de DeepSeek, du géant du numérique Alibaba, baptisés Qwen, et de start-up comme Moonshot AI (Kimi K2) ou MiniMax (M2).

Selon la plateforme OpenRouter, l’IA ouverte ne représente pour l’heure que 30 % de l’usage total des IA, dont les modèles propriétaires d’OpenAI, de Google ou d’Anthropic captent les 70 % restants. Mais la domination de la Chine dans l’IA ouverte reste un défi pour les Etats-Unis. Les Américains Google, OpenAI ou Meta en étaient à l’origine les poids lourds, car ils publiaient la majorité de leurs travaux, avant d’évoluer vers un modèle plus fermé à partir de 2019. Meta a, lui, continué à se poser en champion de l’IA ouverte, avec le succès de son modèle Llama sorti en 2023. Mais depuis la reprise en main de la stratégie IA par son fondateur Mark Zuckerberg et le départ de cadres mi-2025, plusieurs médias américains ont annoncé un virage vers une IA plus fermée. Meta a assuré au site spécialisé TechCrunch que sa position sur l’open source mêlerait IA ouverte et propriétaire.

La nouvelle donne illustre le dilemme posé par l’intelligence artificielle open source aux Etats-Unis. Ces dernières années, des militants de la sécurité de l’IA et une entreprise comme Anthropic ont argué que laisser « proliférer » des IA puissantes en libre accès pourrait comporter des risques graves si des mauvais acteurs s’en emparaient.

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