Si tout se passe comme prévu, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, devrait pouvoir s’envoler pour le Paraguay, afin d’y signer, lundi 12 janvier, l’accord commercial entre l’Union européenne (UE) et quatre pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay).
Même la France, qui a bataillé ferme contre le traité de libre-échange, ne voit pas ce qui pourrait faire dérailler le processus. Vendredi, les Etats membres devraient autoriser Ursula von der Leyen à parapher le texte sur lequel la Commission, qui, en matière commerciale, négocie au nom des Vingt-Sept, et le Mercosur s’étaient entendus en décembre 2024, après vingt-cinq ans de négociations.
A l’Elysée, Emmanuel Macron n’a pas encore arrêté sa position, mais, quoi qu’il décide, l’affaire pourrait être pliée. L’Italie semble prête à rallier le camp des pro-Mercosur, aux côtés de l’Allemagne, des Pays-Bas, de l’Espagne, ou encore des pays scandinaves, mettant ainsi fin aux derniers espoirs de Paris de pouvoir former, avec la Pologne, la Hongrie ou encore l’Autriche, une minorité de blocage.
Rome a longtemps entretenu l’ambiguïté sur sa position concernant l’accord, reflétant les intérêts parfois divergents d’un solide tissu industriel, d’un réseau fourni de PME et d’une agriculture développée. Comme l’Allemagne, l’Italie – qui est aujourd’hui le quatrième exportateur mondial – cherche des débouchés à l’extérieur des frontières européennes, pour y exporter des voitures, des machines-outils, du vin et même du fromage. Face à la montée des protectionnismes en Chine et aux Etats-Unis, elle ne peut être insensible aux perspectives que lui offre le traité de libre-échange.