Cela fait longtemps que Tina, 27 ans, et Hamza, 28 ans, n’avaient pas joué aux Lego. Cet après-midi automnal, dans un coin de la halle de la Communale, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), les deux amis empilent les fameuses petites briques pour construire une « tour de paie ». Chaque étage coloré, plus ou moins haut, représente une ligne de leur fiche de paie, ainsi représentée en volume : au-dessus du salaire net (le socle de la tour) viennent s’ajouter en jaune les cotisations vieillesse, en vert celles de santé, en bleu la contribution sociale généralisée, en gris l’impôt sur le revenu, etc. « L’ensemble représente… le salaire brut », croit comprendre Tina, qui travaille depuis deux ans dans une entreprise de restauration.
Elle est venue ici pour « approfondir la compréhension de [son] bulletin de salaire, qui est assez complexe », dit-elle durant l’atelier. Celui-ci a été organisé, le 20 novembre 2025, dans le cadre de l’événement « T’as vu ton net ? » du Club Landoy, un think tank et collectif d’entreprises qui travaillent sur les enjeux liés au vieillissement. L’objectif est d’apprendre à « décoder sa fiche de paie pour mieux préparer son avenir », expliquent des panneaux à l’entrée. Et ça marche. « Je sous-estimais complètement la place de la vieillesse dans le bulletin de salaire, qui représente en fait la plus grande part des cotisations. Et je surestimais le poids de l’impôt sur le revenu… », raconte Hamza, salarié chez un grand assureur. « En fait, la majorité des droits sociaux sont cofinancés par l’employeur… », s’étonne aussi l’un de leurs voisins de tablée.