La plongée en eau glacée, oui, mais…

Peut-être n’avez-vous pas encore tenté cette nouvelle expérience qui séduit de plus en plus : prendre un bain en plein hiver dans une eau ne dépassant pas les 15 °C ! Pourtant, comme chaque année, ce 1er janvier, des hordes de nageurs ont plongé, courageusement, dans une mer très fraîche.

Ce choix volontaire d’une immersion en eau froide contraste drastiquement avec les recherches de Francis St Clair Golden, de l’université de Portsmouth (Royaume-Uni), qui a montré de manière répétée les effets délétères d’une chute, involontaire cette fois, dans une mer froide. D’après cet auteur, les premières minutes entraînent un refroidissement cutané, puis musculaire, suivi d’une hypothermie profonde et d’effets encore plus néfastes si l’immersion se poursuit. Réalisée de manière volontaire, cette pratique pourrait pourtant avoir des effets bénéfiques sur notre santé.

Ainsi, comme le rappellent Robert Allan, de l’université du Lancashire (Royaume-Uni), et ses collègues, dès 1 500 ans avant J.-C., le papyrus très médical d’Edwin Smith fait de nombreuses références aux vertus de l’eau froide pour notre santé. Ces auteurs rappellent que, de manière similaire, les Grecs anciens l’utilisaient aussi à des fins cliniques ainsi que pour favoriser la relaxation et la socialisation. De leur côté, Aneta Teleglow et ses collègues de l’université de Cracovie (Pologne) ont comparé un groupe de 10 hommes nageurs d’hiver en eau froide et 13 hommes ne pratiquant pas ce sport.

Les analyses de sang réalisées en novembre et en mars de l’année suivante suggèrent que la natation hivernale pourrait être un facteur favorisant la santé chez les hommes par le biais d’une meilleure oxygénation du corps et d’un renforcement des mécanismes de défense.

De manière plus fondamentale, Zi-Wei Zhou et ses collègues de l’université de Tianjin, en Chine, montrent que la natation dans l’eau froide peut augmenter la tolérance du corps aux événements potentiellement dommageables. Ces auteurs ont conditionné un groupe de rats à nager dans une eau froide à 4 °C alors que le groupe contrôle n’était pas exposé à ce type de pratique, avant de provoquer une lésion cérébrale traumatique. Ils montrent que les rats conditionnés à nager dans l’eau froide récupèrent mieux leurs fonctions cognitives après la lésion cérébrale et que la vascularisation dans la région cérébrale lésée augmente chez les rats préconditionnés à l’eau froide.

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