C’était une de ces époques où nos ancêtres étaient à la fois chasseurs et proies. Des grottes proches de Casablanca, au Maroc, ont livré des crânes de rhinocéros débités avec des hachereaux en pierre, mais aussi divers restes d’humains archaïques – des mandibules, des vertèbres et un fémur. Ceux-ci avaient fini dans la tanière de carnivores, probablement des hyènes. Ces hominines – un terme qui désigne les primates apparus dans notre lignée après sa séparation d’avec celle des chimpanzés – ont-ils été victimes de prédation ciblée ou de charognage opportuniste ? Impossible de le dire.
L’ancienneté de ces restes, datant de 773 000 ans, et leur présence dans le nord-ouest du continent africain, conduisent en tout cas à ouvrir une nouvelle page dans l’album de famille de la lignée humaine. Présentés mercredi 7 janvier dans la revue Nature, ces fossiles nourrissent l’hypothèse selon laquelle notre espèce, Homo sapiens, dont les plus anciens représentants connus – 315 000 ans – ont aussi été trouvés au Maroc, à Djebel Irhoud, posséderait des racines anciennes dans cette partie de l’Afrique.