Les gigantesques feux qui ravagent des milliers d’hectares de végétation sont dramatiques et spectaculaires. Ils ne sont pourtant pas, sur le long terme, les principaux responsables des pertes de carbone dans les forêts tropicales. Une étude, publiée mercredi 7 janvier dans la revue Nature, révèle l’impact disproportionné sur le climat des déboisements et des dégradations affectant des zones de moins de 2 hectares, soit l’équivalent d’à peine deux terrains de football.
La déforestation et la dégradation de petites parcelles sont à l’origine de 71 % des pertes nettes de carbone enregistrées en trois décennies dans les forêts tropicales sèches et humides, alors qu’elles ne concernent que 15 % des zones affectées. Ce phénomène est particulièrement marqué en Afrique.
« Notre étude révèle que les petites perturbations des forêts, et non seulement les grandes déforestations ou les incendies que l’on voit en Amazonie, sont à l’origine de la majorité des pertes de carbone tropicales », précise Yidi Xu, première autrice et chercheuse postdoctorale au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (CEA/CNRS/UVSQ).