Quelque chose semble vicié dans l’air du pays que parcourt Constance Debré dans son cinquième roman, Protocoles. Quelque chose qui ne tourne pas rond et qui a l’odeur de la mort. Pourtant, « le ciel est bleu. La circulation est fluide. Les supermarchés sont agréables. Tout va bien ». Mais, non, en vérité tout va mal. La preuve, dès la première phrase du livre : « Vous avez été condamné à mort. »

Car, dans ce pays – les Etats-Unis –, la peine de mort existe toujours. Existent aussi de nombreux documents qui détaillent toutes les étapes des procédures d’exécution. C’est à la lecture de ces « protocoles » que Constance Debré s’est adonnée quasi exclusivement, pendant près de deux ans. Et d’eux que découlent les courts chapitres qui décrivent très précisément les divers modes de mise à mort, les instruments qu’ils nécessitent, les effets qu’ils produisent sur les corps des condamnés. La langue est minérale, l’œil fixe, qui taillent les phrases au hachoir : « Le courant va de la tête aux pieds. Le courant n’entre pas dans le cerveau. (…) Le squelette est bon conducteur d’électricité. (…) Le courant tourne autour du squelette, va et vient sur et sous la peau. Les tissus brûlent. »

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