Alep, la grande métropole du nord de la Syrie, a été rattrapée par les souvenirs de la guerre civile. Encerclés par les forces de sécurité syriennes, les quartiers à majorité kurde d’Achrafieh et de Cheikh-Maqsoud, dans le nord de la ville, sont soumis, depuis mercredi 7 janvier, à d’intenses bombardements. Après des affrontements meurtriers depuis la veille, durant lesquels les combattants kurdes retranchés ont déployé des tireurs embusqués et des drones piégés, et visé les quartiers mitoyens avec des obus de mortier, les forces gouvernementales ont lancé, mercredi après-midi, une « opération limitée » pour reprendre le contrôle des deux quartiers, déclarés « zone militaire ».
« Les bombardements se poursuivent, racontait par téléphone, jeudi matin, Mohammed Abdo, responsable du bureau des médias du conseil local d’Achrafieh et de Cheikh-Maqsoud. Les habitants se réfugient dans les sous-sols en raison de l’intensité des bombardements aveugles. Ma famille est parmi eux. Les forces du gouvernement de transition utilisent différents types d’armes, notamment des chars, des roquettes et des drones. Les bombardements ont détruit les réseaux d’électricité et d’eau, et coupé l’accès à Internet. »