Président de la commission des lois de l’Assemblée nationale, Florent Boudié, député Renaissance de Gironde et macroniste historique, a toujours eu le goût des missions périlleuses. Non pas que l’homme soit réputé casse-cou, on lui reproche même parfois une trop grande prudence, mais il a fait la démonstration qu’il aimait partir à la recherche de compromis compliqués sur des textes de loi particulièrement clivants. Après avoir été rapporteur du projet de loi sur l’immigration en 2023, et avoir défendu le texte de loi contre le séparatisme en 2021, le voilà qui s’apprête à déposer une proposition de loi sur la régulation carcérale, dont le but est de faire baisser de façon « massive et immédiate » le nombre de détenus dans les prisons, en anticipant la fin de leur peine. Autant dire un dossier politiquement radioactif.
Son projet de texte est aujourd’hui entièrement rédigé, et pourrait être inscrit à l’agenda de la commission des lois à la mi-janvier. « Dès la semaine prochaine [du 12 janvier], j’entame la consultation des différents groupes parlementaires, pour les informer de ma démarche et tenter de trouver une majorité », annonce Florent Boudié au Monde. Plus personne n’attendait pourtant ce dispositif, que la gauche est quasiment la seule à défendre, alors que le garde des sceaux, Gérald Darmanin, n’a de cesse de déclarer qu’il ne sera pas le ministre de la régulation carcérale, car les Français, aime-t-il à répéter, ne « le comprendraient pas ». Là où l’exercice de Florent Boudié devient réellement acrobatique, c’est que les deux hommes entretiennent les meilleures relations.