Faut-il assigner une dimension numérique au projet artistique d’un centre dramatique national ? La question est au cœur d’un délicat débat sur l’avenir du Théâtre national populaire (TNP) de Villeurbanne (Rhône), au moment où s’opère le changement de direction de l’établissement centenaire. Le successeur de Jean Bellorini, en partance pour le Théâtre de Carouge, dans le canton de Genève, doit être désigné d’ici au mois de mai par le jury composé d’élus et de représentants des services de l’Etat.

Après constitution d’une liste restreinte de quatre à six candidats, les prétendants vont recevoir en février une lettre d’orientation, cadrant les attentes des autorités de tutelle en matière de rythme de créations, de médiations et d’actions culturelles. Ils auront jusqu’au 17 avril pour présenter leur projet ; celui choisi engagera les cinq prochaines années du majestueux paquebot ancré dans le quartier des Gratte-Ciel.

Doté d’un budget de 10 millions d’euros, fort d’une centaine de salariés et de plus de 180 intermittents, le TNP assure 200 représentations par an, une centaine en tournée, et accueille des milliers d’élèves dans le cadre scolaire. Mais sa force de création s’épuise inexorablement. De l’ordre de 1,4 million d’euros, sa marge artistique a baissé de 30 % au cours de ces dix dernières années. Le prochain capitaine devra affronter ce vent général de récession budgétaire plutôt préoccupant.

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