« L’économie européenne a un grand potentiel, mais il faut le financer »

Il est indéniable que les Etats-Unis, superpuissance économique et politique, ont connu une croissance exceptionnelle, laissant loin derrière le Vieux Continent. Cependant, comme le fait remarquer [l’économiste] Gabriel Zucman dans une tribune publiée dans Le Monde, le 17 décembre 2025, la richesse par habitant croît à un rythme similaire des ceux côtés de l’Atlantique. La différence de croissance ne s’explique alors que par la différence de population et le nombre d’heures travaillées, et non par une différence de productivité. Selon l’analyse du Laboratoire sur les inégalités mondiales, en 2025, une heure de travail effective en Europe produit 51 euros de richesse, contre 55 euros aux Etats-Unis. Ces 4 euros de différence ne peuvent justifier un complexe d’infériorité européen.

Les Européens se leurrent-ils complètement en parlant de « décrochage » ? En réalité, cette perception provient d’un ralentissement de la progression de la productivité. Pendant les « trente glorieuses », l’Europe, portée notamment par les pays fondateurs de l’Union européenne, voyait sa productivité augmenter de 3,6 % chaque année. Depuis les années 1990, ce taux de croissance n’est plus qu’à 1,4 %, légèrement en dessous de celui des Etats-Unis. Pendant tout le XX? siècle, la croissance de la productivité américaine est restée quasiment constante, alors qu’en Europe, on déplore la perte d’une progression fulgurante. Le niveau de productivité des Etats-Unis a été rattrapé, mais l’Europe stagne désormais.

Pourtant, elle dispose d’une rare opportunité. Depuis 2020, le taux de participation de la population au marché du travail dépasse celui des Etats-Unis, selon les chiffres de l’Organisation de coopération et de développement économiques. Environ 82 % des personnes en âge de travailler sont en emploi ou en recherche active d’emploi. Ce sont 3 points de pourcentage de plus que de l’autre côté de l’Atlantique, mais avec un écart qui se creuse. La population américaine, déstabilisée par les crises des prix, par celle des opioïdes et par un modèle social défaillant, ne trouve plus son compte dans le marché du travail. Au contraire, l’Europe, notamment dans les pays de l’Est, dispose d’une population formée, compétente et qui désire travailler.

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