Le chef du gouvernement, Sébastien Lecornu, a donné instruction au ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, de préparer l’organisation d’éventuelles élections législatives aux dates des municipales les 15 et 22 mars, ont appris l’Agence France-Presse (AFP) et Le Monde, vendredi 9 janvier, d’une source au sein de l’exécutif.
Cette demande du premier ministre intervient après les annonces, respectivement par le Rassemblement national (RN) et La France insoumise (LFI), du dépôt de mentions de censure, notamment en réaction à l’adoption du traité de commerce avec le Mercosur par les Etats membres de l’Union européenne. Les deux textes devraient être débattus au Palais-Bourbon entre mardi 13 et mercredi 14 janvier.
En cas de succès de ces motions, la chute du gouvernement serait suivie d’une dissolution de l’Assemblée nationale, selon la même source, qui précise à cet égard que le président de la République, Emmanuel Macron, et le premier ministre sont d’accord à ce sujet – il reviendrait au chef de l’Etat de prendre cette décision, comme le prévoit la Constitution.
Sébastien Lecornu a fustigé, vendredi matin, sur le réseau social X des « postures cyniques partisanes » qui « retardent les discussions budgétaires » en commentant ces motions de censure promises par le RN et LFI.
« La France a une position claire sur le Mercosur : nous voterons contre, sans surprise », a écrit le premier ministre, accusant ces formations politiques de « choisir délibérément d’afficher des désaccords politiciens internes » et « d’affaiblir la voix de la France » à l’étranger. Ces motions retardent encore les discussions budgétaires « déjà bloquées par les mêmes partis politiques sur fond d’agenda électoral », a ajouté M. Lecornu.
« Nous n’avons pas peur de l’élection », a répondu, vendredi, le chef de file de LFI, Jean-Luc Mélenchon, sur la possibilité d’une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale en cas de censure du gouvernement. « S’ils veulent le faire, qu’ils le fassent », a lancé M. Mélenchon, interrogé par des journalistes en marge d’un déplacement à Villeurbanne (Rhône), où il est venu assister aux vœux du député Gabriel Amard.
Le budget de l’Etat pour 2026 n’a pas pu être voté dans les temps avant le 31 décembre 2025. Le Parlement a donc adopté une loi spéciale pour pallier l’absence de budget et permettre la continuité des actions de l’Etat et des administrations. Les députés ont repris l’examen du texte, jeudi, en commission des finances, où ils ont largement rejeté, vendredi, la partie recettes du projet de loi de finances, laissant peu d’espoir qu’un consensus se dégage en séance à partir de la semaine prochaine.