Avocats du Pérou, mangues du Brésil, papayes du Mexique… Ces fruits ne peuvent en théorie plus entrer en France s’ils contiennent des traces de cinq des pesticides interdits d’usage dans l’Union européenne (UE). A quelques jours de la signature de l’accord de libre-échange, prévue lundi 12 janvier, entre l’UE et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), l’arrêté pris le 7 janvier par le gouvernement français ne cible pas de zone géographique explicite, mais vise à donner des garanties d’engagement à lutter contre la « concurrence déloyale » des producteurs d’Amérique du Sud, soumis à moins de règles environnementales que les agriculteurs européens.
L’arrêté, qui doit être validé sous dix jours par l’UE, suspend l’importation des denrées alimentaires contenant des résidus quantifiables de plusieurs pesticides interdits en Europe en raison de leur dangerosité.
Cinq substances actives sont concernées : quatre fongicides (mancozèbe, thiophanate-méthyl, carbendazime et bénomyl) et un herbicide (glufosinate). Ils sont suspectés d’être cancérogènes, mutagènes, toxiques pour la reproduction (CMR) ou d’être des perturbateurs endocriniens. La Commission européenne a d’ores et déjà dit qu’elle proposerait d’étendre aux Vingt-Sept l’interdiction pour trois des cinq substances ciblées par la France.