La fontaine du Pou a recommencé à chanter fin décembre à Sournia, un village de 500 âmes au cœur du Fenouillèdes, dans le nord-ouest des Pyrénées-Orientales. L’ouvrage ne coulait plus depuis quatre ans, s’émeut Yvon Crambes, le maire. Le sexagénaire s’est réjoui de voir la source jaillir de nouveau : « Toute ma jeunesse, j’ai vu les chevaux de trait et le bétail venir boire dans ces abreuvoirs. » Cet éphémère cadeau de Noël – la fontaine s’est depuis affaiblie et ne donne presque plus d’eau – est le fruit des trombes qui se sont abattues sur cette portion du pourtour méditerranéen durant les fêtes de fin d’année.
Elles ont permis aux Pyrénées-Orientales d’enregistrer le troisième mois de décembre le plus pluvieux depuis 1959. A Perpignan, le cumul mensuel de précipitations a dépassé les 255 millimètres, au lieu des 55 millimètres habituels. L’est de l’Aude a aussi été copieusement arrosé par cet épisode méditerranéen : à Durban-Corbières, à une vingtaine de kilomètres de la côte, il est tombé cinq fois la normale mensuelle. Ces intempéries, concentrées sur quelques jours, ont soulagé les réserves hydriques de ces deux départements voisins, en proie à une longue sécheresse depuis 2022.