Il a grandi en Vendée, dans un de ces petits villages avec église et dépôt de pain. A la campagne alentour Nathan Ghali a très tôt préféré son ordinateur. « Le jeu Minecraft m’a beaucoup influencé, jusqu’à aujourd’hui. Quand je crée mes films, c’est très lié à ma pratique du jeu vidéo et d’Internet de cette période de ma vie. Je pense que j’ai construit 90 % de ma culture par le piratage de jeux vidéo, de films, de musique », reconnaît l’artiste, que l’on rencontre avant qu’il file voir le concert du rappeur suédois Yung Lean à La Villette, à Paris, fin novembre 2025. Il revient tout juste de la région lilloise, où il réside pour deux ans, puisqu’il vient d’intégrer la prestigieuse formation du Fresnoy (Tourcoing, Nord), spécialisée dans l’image, et rentrera le lendemain au bercail pour aller filmer sa mère.
Avec un père instituteur et cinéphile, et une mère peintre, il partait « avec un bon capital culturel ». Ses parents se sont séparés le jour de son premier anniversaire, en décembre 1999, une catastrophe familiale sur fond de tempête du siècle qui est au cœur de ce documentaire qu’il prépare sur sa mère, Tempête 99. De la peinture sa mère, célibataire avec deux fils, n’a jamais vécu, ses pinceaux ayant vite été remisés dans l’ombre de boulots alimentaires. Dès le collège, il passe des heures dans les réglages des jeux vidéo, en explore les paramètres, bricole de petits jeux en 2D et des films d’animation en pâte à modeler. Au lycée, il prendra l’option cinéma.