A 14 ans, Nicholas Oreb, un collégien de Sydney, a le droit d’avoir un job d’été, mais pas de détenir un compte sur YouTube. Le 10 décembre 2025, date de l’entrée en vigueur de la loi interdisant l’accès à de nombreux réseaux sociaux aux moins de 16 ans en Australie, son profil a été désactivé. « C’est injuste. Je l’utilisais juste pour poster des vidéos de fitness », maugrée le jeune homme, en hâtant le pas pour rejoindre son employeur en cette chaude journée d’été austral.
Un mois plus tard, il est encore trop tôt pour savoir combien d’adolescents ont été déconnectés à la suite de l’adoption de cette loi pionnière, qui intime aux entreprises exploitant les plateformes Reddit, Facebook, Instagram, Kick, Snapchat, Threads, TikTok, X, YouTube et Twitch de prendre des mesures « raisonnables » pour bannir les utilisateurs en dessous de l’âge limite. « Nous devrions avoir des données d’ici à la fin de janvier mais, à l’heure actuelle, nous constatons que nombre d’entre eux ont réussi à contourner les mécanismes en place », note la psychologue Clare Rowe.
Parmi les jeunes que Le Monde a rencontrés, certains n’ont pas eu besoin de faire quoi que ce soit. Ils avaient déjà menti sur leur âge en créant leur compte. « Je ne voulais pas leur donner toutes mes données personnelles quand je me suis inscrite, se justifie ainsi Zoe Nunes, 14 ans. TikTok et Instagram ne m’ont rien demandé, mais Snapchat a voulu faire une reconnaissance faciale. »