A l’appel du gouvernement, la population suisse a observé vendredi 9 janvier une minute de silence en hommage aux victimes de l’incendie du bar Le Constellation, situé à Crans-Montana, qui a fait quarante morts et 116 blessés la nuit du Nouvel An.
Ce silence a été suivi du tintement des cloches des églises de tout le pays, qui ont résonné pendant cinq minutes en marge d’une cérémonie d’hommages aux victimes tenue dans le canton du Valais, à Martigny (Sud-Ouest).
Un peu partout dans le pays alpin, comme à Genève, Sion ou Zurich, la minute de silence a été respectée dans les entreprises, les administrations, les écoles et même dans la rue, ou des passants se sont parfois arrêtés de marcher lorsque les cloches ont retenti. Cette minute de silence marque une journée de deuil national et d’hommages aux victimes de l’incendie qui a ravagé le bar Le Constellation, à Crans-Montana, dans le Valais, à l’heure où de nombreux adolescents et jeunes adultes fêtaient la Saint-Sylvestre.
La cérémonie de Martigny, tenue en présence d’un millier de personnes et des présidents français, Emmanuel Macron, et italien, Sergio Mattarella – dont les pays ont été particulièrement endeuillés avec respectivement neuf et six morts et de nombreux blessés – était retransmise sur des écrans de Crans-Montana. Dans une salle de la station recouverte d’un épais manteau de neige, vendredi, plusieurs centaines d’habitants et de touristes ont pu suivre en direct la cérémonie, certains parvenant mal à retenir leurs larmes.
Devant le bar Le Constellation, un mémorial orné de fleurs, de bougies, de peluches et de photos des victimes était recouvert d’une toile blanche en forme d’igloo pour le protéger de la neige. Sur une table, un épais livre de condoléances est déjà presque rempli. « Un deuil, un grand deuil national à jamais gravé dans nos esprits. Paix à leur âme. Toutes mes pensées aux parents, familles et amis », dit l’un des messages.
« Notre pays est consterné face à cette tragédie. Il s’incline devant la mémoire de celles et de ceux qui ne sont plus, il est au chevet de celles et de ceux qui s’apprêtent à entamer un long chemin de reconstruction », a déclaré le président de la Confédération suisse, Guy Parmelin, lors d’une cérémonie d’hommage à Martigny. Il avait déjà déclaré qu’il s’agissait, de « l’une des pires tragédies » que la Suisse ait connues.
Selon lui, l’espérance reposera désormais « sur la capacité de notre ordre judiciaire à mettre, sans retard ni complaisance, les manquements au grand jour et à les sanctionner. C’est une responsabilité morale en plus d’être un devoir d’Etat ». Au total, 19 nationalités ont été frappées par le drame, et 20 mineurs ont été tués. Selon un dernier décompte, 83 blessés demeurent à ce jour hospitalisés en Suisse, mais aussi dans des services pour grands brûlés en France, en Italie, en Allemagne et en Belgique.
D’après les premiers éléments de l’enquête, le drame aurait été provoqué par des bougies étincelantes entrées en contact avec le plafond du sous-sol du bar. Mardi, la commune de Crans-Montana a reconnu une faute grave : aucune inspection sécurité et incendie du bar n’a été effectuée depuis 2019, ce qui a suscité la consternation des familles de victimes.