Cuba risque de perdre son premier allié, avec la mainmise des Etats-Unis sur le Venezuela. Scellée entre l’ancien président vénézuélien Hugo Chavez (1999-2003) et son homologue cubain Fidel Castro (1976-2008) au début du siècle, l’alliance entre La Havane et Caracas était militaire, politique et économique. Même si Cuba avait toujours nié la présence de ses forces de sécurité au Venezuela, au moins 32 soldats cubains sont morts, dans des circonstances non éclaircies, lors de l’enlèvement du couple présidentiel, Nicolas Maduro et Cilia Flores, dans la nuit du 2 au 3 janvier.
« Hormis une très faible minorité, personne ne se réjouit à Cuba des événements tragiques au Venezuela. Il y a un très fort attachement à la souveraineté dans la société cubaine. La peur de perdre un allié comme le Venezuela ne peut qu’alimenter l’inquiétude d’une population confrontée à une crise sociale sans précédent », considère Janette Habel, chercheuse à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), et spécialiste de ce pays.
L’économie de l’île a dégringolé à partir de 2016, en même temps que celle de son allié vénézuélien, avec lequel il réalisait alors 47 % de ses échanges commerciaux, essentiellement du pétrole, contre 10 % en 2025. La crise du Covid-19 et les sanctions imposées par la première administration Trump (2017-2021), poursuivies par Joe Biden (2021-2025), ont encore limité les échanges commerciaux et financiers avec le reste du monde. En 2025, l’île castriste a connu des pannes géantes d’électricité à de multiples reprises à cause du manque de carburant et des installations hors d’usage.