La guerre a-t-elle toujours existé ? Plus on remonte le temps, moins on en trouve de traces (groupes de squelettes comportant des lésions mortelles). Au-delà de 10 000 avant Jésus-Christ, celles-ci deviennent des exceptions. Est-ce parce qu’il y avait moins de guerres ? Ou simplement parce que le temps efface les preuves ?

Les anthropologues, éthologues, archéologues et préhistoriens se déchirent sur le sujet. Les « faucons » pensent qu’elle a toujours existé : nous serions Les enfants de Caïn (Robert Ardrey, Stock Plus, 1961). Liée à un instinct de survie du groupe, la guerre serait le fruit d’une « tendance destructrice innée », selon le biologiste autrichien et Nobel Konrad Lorenz. Mais, en face, les « colombes » considèrent qu’elle n’est pas si ancienne : elle aurait « pris son essor avec la révolution agricole », selon l’anthropologue américain Douglas Fry, tandis que sa consœur Margaret Mead y voyait, en 1940, « une invention sociale ». Leur confrère Brian Ferguson, qui a passé plus de quarante ans à creuser la question, est convaincu qu’elle n’est « pas inscrite dans nos gènes », mais qu’elle apparaît à la faveur de circonstances bien particulières.

Après la seconde guerre mondiale, l’idée que les chasseurs-cueilleurs étaient des gens inoffensifs s’est peu à peu imposée. Mais, en 1996, l’archéologue américain Lawrence Keeley a rompu ce consensus dans un livre War Before Civilization. The Myth of the Peaceful Savage, traduit chez Tempus Perrin, en 2009, sous le titre Les Guerres préhistoriques : à le lire, la préhistoire a connu de nombreuses guerres, qui pouvaient être proportionnellement bien plus mortelles que nos conflits contemporains.

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