Il y a les héros qui tapent sur les autres – Rambo, Dirty Harry – et ceux qui se font taper dessus, à l’instar de Philip Marlowe. Lee Raybon, le protagoniste de The Lowdown, est de ces derniers, petit-neveu du privé de Raymond Chandler, un garçon peu soucieux de sa propre santé, toujours prêt à se jeter le coup de trop derrière la cravate ou à prendre un coup de trop derrière la tête.
Le monde a changé depuis l’âge d’or du roman noir américain ; plutôt que d’exercer la profession de détective à Los Angeles, il enquête à Tulsa (Oklahoma) pour des publications locales – un magazine aux aspirations littéraires et un de ces tabloïds que l’on trouve à la caisse des supermarchés. Notre héros (en tout cas c’est comme ça qu’il se voit, comme un héros) se définit comme truthstorian, mot-valise composé de « vérité « et « historien ».
Lee Raybon est né de la fertile imagination de Sterlin Harjo, créateur de la série et réalisateur de la majorité des épisodes. The Lowdown est sa deuxième série après Reservation Dogs, chronique bouleversante et drolatique (et toujours disponible sur Disney+) du passage à l’âge adulte d’une bande d’adolescents amérindiens grandis dans une réserve de l’Oklahoma. Dans la bouche des native Americans (Amérindiens aux Etats-Unis) et des Afro-Américains qui croisent Lee Raybon revient toujours la même expression : « a white boy who cares » (« un garçon blanc aux bonnes intentions »). Sterlin Harjo, qui est lui-même de sang séminole et muskogee (deux des nations indigènes déportées par le gouvernement des Etats-Unis vers l’Oklahoma), porte sur son personnage un regard tendre et impitoyable, tout en faisant un parfait truchement pour explorer les mystères de Tulsa.