C’est un élégant carton d’invitation fleuri, qui annonce un mariage dans un château dans le Gers. La page de droite est assortie d’une étrange formule : « Pour vous accompagner dans le choix de votre tenue, nous vous proposons de vous inspirer de cette palette de couleurs. » En bas de page, six onglets avec des références parmi lesquelles sauge #A9B4A8, taupe #8F7058 ou terre cuite #B25E29. Un code couleur ? Un accompagnement dans le choix de sa tenue ? Anne (les personnes citées par leur prénom ont requis l’anonymat), 55 ans, a aussitôt appelé la mère du marié pour savoir si c’était obligatoire. « Tu es la dixième personne à me le demander… », lui a répondu cette dernière.
« On voit cela depuis trois ans, c’est presque 20 % des faire-part », assure Marie Degeer, graphiste, qui, au Salon du mariage, à Paris, présente, parmi les modèles d’exposition de son stand, une invitation avec nuancier intégré. « Afin d’embellir nos souvenirs, accordez-vous à notre thème », est-il écrit au-dessus des sept carrés du gris clair au beige.
Un peu plus loin, une imprimeuse fronce les sourcils : les couleurs du mariage présentées dans des carrés, « c’est un peu grossier ». « Je préfère trois pastilles avec des à-plats de couleur, ou une formule plus subtile, comme “une touche de lavande”. » Les suggestions de couleurs n’arrivent pas que par La Poste. « Parce qu’on nous le demande : pour ceux qui souhaiteraient accorder leurs vêtements, voici les teintes de notre mariage », annonce un message WhatsApp, assorti d’une palette aux noms mystérieux : crater brown, copper rose, wafer, pampas (qui ressemble quand même pas mal à du blanc).