Est-ce la perspective qu’elle lui transmette son Nobel ? Donald Trump a accepté de recevoir la cheffe de l’opposition vénézuélienne et Prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado, selon la presse américaine. Citant, lundi 12 janvier, des sources à la Maison Blanche, les médias américains précisent que la réunion aura lieu jeudi. Le président américain a laissé entendre qu’elle pourrait lui remettre à cette occasion sa distinction, alors qu’il l’a écartée pour le moment des responsabilités au Venezuela.
Donald Trump préfère, pour l’instant, traiter avec la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, l’ancienne vice-présidente de Nicolas Maduro capturé le 3 janvier. Dimanche, il s’est même dit ouvert à une entrevue avec elle, estimant que son administration travaillait « vraiment bien » avec Caracas. A la question de savoir s’il prévoyait de la rencontrer, Donald Trump a répondu aux journalistes : « A un moment donné, je le ferai. »
La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a, une nouvelle fois, défendu ce choix lundi : « Le président et son équipe de sécurité nationale ont fait une évaluation réaliste de ce qui se passait sur le terrain au Venezuela et leur décision s’est avérée être la bonne », a-t-elle dit dans une interview à la chaîne Fox News.
Maria Corina Machado a, elle, été reçue en audience par le pape, lundi. Dans un communiqué sur les réseaux sociaux, elle a estimé, insistant à nouveau sur le rôle américain, qu’avec « l’accompagnement de l’Eglise et la pression sans précédent du gouvernement des Etats-Unis, la défaite du mal dans le pays se rapproche ». Elle a aussi « demandé [au pape] d’intercéder pour tous les Vénézuéliens qui ont été enlevés ou demeurent disparus ».
Le gouvernement vénézuélien a annoncé 116 nouvelles levées d’écrous, lundi, mais les familles s’impatientent devant la lenteur du processus depuis la promesse le 8 janvier de remises en liberté faite par les autorités sous la pression américaine.
Delcy Rodriguez négocie sur plusieurs fronts avec Washington, qui souhaite profiter des immenses réserves de pétrole dans le pays. Son gouvernement a décidé d’entamer « un processus exploratoire » en vue de rétablir les relations diplomatiques avec les Etats-Unis, rompues depuis 2019, tout en répétant qu’il n’est pas « soumis » à Washington.
Lundi, elle a procédé à deux nouvelles nominations – deux militaires – dans les cercles du pouvoir. Le capitaine Juan Escalona, ancien membre de la sécurité de Maduro, a notamment été nommé ministre du secrétariat de la présidence. Il faisait partie du premier cercle de sécurité de Maduro, qui a été capturé avec son épouse, Cilia Flores, au terme d’une opération qui a vu quelque 55 militaires, dont 32 Cubains, tués sur un total d’au moins 100 morts.