Après l’enlèvement spectaculaire de son président, Nicolas Maduro, par les forces américaines, et son exfiltration aux Etats-Unis, le Venezuela essaye de trouver un nouveau souffle diplomatique, notamment en direction de l’Union européenne (UE).

« Nous sommes disposés à avancer sur un nouvel agenda, un agenda de travail intense pour le bien-être des deux peuples, de tous les peuples d’Europe et du Venezuela », a déclaré, lundi 12 janvier, le ministre des affaires étrangères du pays, Yvan Gil, lors d’une intervention depuis le palais présidentiel de Miraflores, après une réunion entre les deux parties.

Outre M. Gil, des diplomates de l’UE et du Royaume-Uni ont rencontré, lundi à Caracas, la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, ainsi que son frère et président du Parlement, Jorge Rodriguez et le puissant ministre de l’intérieur, Diosdado Cabello.

Ce fut « une réunion franche, cordiale, agréable », a précisé le chef de la diplomatie vénézuélienne. « Nous sommes tombés d’accord sur la nécessité d’avancer vers une phase de relations productives, d’ouvrir des voies de dialogue de plus en plus profondes, de plus en plus intenses », a ajouté M. Gil.

Ancienne vice-présidente de Nicolas Maduro, Delcy Rodriguez a été investie le 5 janvier et a depuis signé des accords pétroliers avec les Etats-Unis et consenti à la libération d’un « nombre important » de prisonniers politiques. Elle plaide désormais pour « ouvrir des voies de dialogue » avec l’Europe, qui n’avait pas reconnu la réélection de Nicolas Maduro en 2024, a imposé des sanctions au pays et soutenu l’opposante Maria Corina Machado.

Mécontent de la position de certains pays, Nicolas Maduro avait ordonné de réduire en 2025 à seulement trois diplomates les représentations de la France, des Pays-Bas et de l’Italie au Venezuela.

La rencontre est intervenue trois jours après que Caracas et Washington ont, eux-mêmes, entamé un processus de rétablissement des relations diplomatiques, rompues depuis 2019. Il s’agit d’un autre revirement diplomatique significatif après des années à vilipender « l’impérialisme » européen et américain.

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